« Aimez-vous les confiseries à base de colonne romaine de style corinthien ?
— Ça doit crisser sous la dent, je suppose.
— Ne sont-ce pas, plutôt, vos dents qui feront crisser la poudre de colonne ?
— Ni l'un , ni l'autre, monsieur, puisque, jamais, je ne me risquerai à goûter vos confiseries.
— Laissez-moi, alors, vous proposer de la gelée de ce que vous voulez, mais brûlante.
— Et qui aura des cloques sur la langue ?
— Le lapin à qui vous la ferez ingurgiter.
— Comment, monsieur, avez-vous pu deviner...
— Ne m'avez-vous pas confié, l'autre jour, que vous n'aimiez pas les chiens ? Au point d'avoir, parfois envie de les maltraiter ?
— Je n'ai jamais parlé de lapins !
— Votre garde maternelle, Madame Aouini, une femme bien âgée maintenant, m'a raconté comment, à partir de l'âge de 5 ans, vous avez commencé à travestir des lapins en chiens.
— Mon dieu, je suis foutu. Vous savez tout !
— Allons, mon vieux, pas de panique. Je suis moi-même un chat. Alors, vous comprenez, je suis neutre dans cette histoire.
— Ouf, vous me rassurez.
— C'est bien normal, mon vieux.
— Laissez-moi, en ce cas, vous offrir un bol de lait et du mou dans la prochaine auberge.
— Tope là !
— Et oublions ces histoires compliquées de colonnes corinthiennes, d'accord ?
— D'accord. Et, si je puis me permettre : " miaou " !
— Ha, ha ! Quel joyeux compagnon vous faites ! De mon côté, je lance un gaillard " tikeding " !
— Vous imitez à la perfection le tintement de la petite cuiller.
— Ce n'est pas une imitation.
— Mais... Qu'à cela ne tienne. Rendons-nous joyeusement à l'auberge, tout comme nous l'avons décidé.
— Super ! Allons-y.
— Allons-y, oui. C'est ça. »