Souhaitez-vous que je fasse un petit préambule afin que les gens qui sont venus ici ce soir, et qui ne vous connaîtraient pas encore, puissent avoir un aperçu de votre parcours  ? Vous n'en voyez pas l'intérêt ? Très bien, cher Jean, en ce cas je vais, sans plus attendre, vous laisser la parole. Vous ne souhaitez pas prendre la parole ? Vous voulez peut-être que nous passions le film ? Non plus. Dans ce cas, je vais me permettre de clore cette petite causerie, en vous remerciant d'avoir bien voulu y participer. Oui, je vais vous remettre l'enveloppe avec la somme en liquide dont nous sommes convenus. Ah, il me semble que quelques adhérents mécontents brûlent des fauteuils dans le fond de la salle. Attention au parapluie ! Ah ça alors ! Vous avez échappé de peu à l'oeil crevé ! Garez-vous à droite, l'enfant avec le canif ! Ah, un crachat, qui m'explose sur le front... j'aurais tort de me plaindre, il y a pire. Hé, mais quelle énergie, Jean ! Vous voici aux prises avec une dizaine de jeunes Noirs en capuches qui vous lattent et ont sûrement pris soin de vous tirer votre portable et votre fric. Pas de chance, de jeunes identitaires font irruption dans la salle et se moquent bien de savoir si vous avez mal, ou pas, quand ils vous piétinent la gueule avec leurs rangers. J'espère, malgré tout, très cher Jean, que vous ne garderez pas un trop-trop mauvais souvenir de votre passage à Chevilly. Disons que ce n'est que partie — tiens, des coups de feu, maintenant — remise.