Non monsieur, les choses ne sont pas si simples qu'on le dit.  Ce n'est pas « tout noir ou tout blanc ». Il n'y a pas d'un côté les coupables et de l'autre les victimes. La vie est bien plus compliquée que ça. À un point que vous ne pouvez imaginer. Car ces coupables que nous montrons du doigt, il faut savoir que, bien souvent, en fait, les pauvres, sont victimes de leur culpabilité. Et les malheureuses victimes, envers lesquelles nous éprouvons une bien sincère compassion, se révèlent être fréquemment les véritables coupables de leur propre victimisation. Ça ne s'arrête pas là ! Tous ces coupables conscients de leur état de victimes, eh bien ils commencent à en profiter pour se faire plaindre. De leur côté, les victimes, qui ont compris tous les avantages qu'elles pouvaient retirer de leur statut d’innocent injustement persécuté, tyrannisent leur entourage en pratiquant le chantage affectif. De ce fait, elles retombent de nouveau dans la catégorie des coupables. Et nos coupables qui tentent de faire s'apitoyer les autres sur leur état de victimes ne tardent pas, à la longue, à éprouver un fort sentiment de culpabilité. Les voilà qui se sentent coupables d'être des victimes. Ils demeurent dans la catégorie des victimes, certes, mais ils se sentent coupables de quelque chose dont ils sont peut-être vraiment coupables. Bien malin qui pourrait alors dire qui parmi les coupables qui se sentent coupables (ou pas) sont de vraies victimes et qui parmi les victimes qui ont (ou pas) conscience d'être des victimes sont de vrais coupables. Ça change sans arrêt ! J'arrête là, mais vous l'avez compris, le sujet est loin d'être épuisé. Nos coupables et nos victimes sont en effet plein d'imagination et d'énergie pour se compliquer la vie jusqu’à n'en plus finir. Souhaitez-vous me rejoindre jeudi prochain à 19h30 à l'espace Jacques Prévert (entrée gratuite) pour que nous échangions ensemble sur ce vaste sujet, enrichi de chacune de nos expériences personnelles ? Ce serait sensationnel.